1.Présentation des intervenants
Jean-Paul Marthoz, connu actuellement comme chroniqueur au journal « Le Soir », il a été 10 années durant directeur du département international du même journal. Et pendant 10 ans également, directeur européen de l'information chez Human Rights Watch. Il est également prof de journalisme à l'UCL et à l'IHECS et a récemment publié « La vérité sinon rien » publié par le GRIP.
Christian Dupont est responsable du département international de la RTBF et sera délégué de la RTBF aux Etats-Unis pour les élections de novembre.
2.Exposé de Jean-Paul Marthoz :
Les Etats-Unis aspirent à un changement, notamment à un changement de président suite à 8 années de Bush. Son taux d'approbation est en chute libre : il a atteint les 21 %, ce qui est plus bas que la cote de popularité de Nixon après le scandale du Watergate !
Le problème de cette administration Bush, c'est qu'elle a remis en cause toute une série de principes qui ont débouché sur un rejet de la part des « libéraux » (cfr centristes chez nous) qui lui étaient déjà hostile mais également à un rejet plus large à cause de l'enlisement en Irak et en Afghanistan et à cause de la crise économique qui était déjà annoncée (en 2006 lors des élections de mi-mandat, il y a eu un vote envers les démocrates à cause de la probabilité de crise économique dans les années à venir).
De plus, les Américains ont actuellement une vision pessimiste de leur avenir.
B. Obama et J. Mc Cain représentent-ils une changement par rapport à G. Bush ?
On dit souvent que Mc Cain serait comme un 3ème Bush si il était élu. C'est à la fois vrai et à la fois faux. Il mènerait sûrement une politique différente mais peut-être même pire que celle de Bush qui s'était « calmé » au cours de ces deux dernières années. Mc Cain professe des propositions plus radicales que Condoleezza Rice par exemple. C'est un soldat qui a oeuvré à la guerre du Vietnam, il a même été emprisonné à Hanoi, ce qui a fait de lui un héros américain. Sa pensée et sa politique sont donc influencées par le militarisme : il a tendance à penser qu'un militarisme fort est très positif !
De plus, il y a Sarah Palin. Le choix de Mc Cain de la placer à la vice-présidence a d'abord été considéré comme un coup politique pour prendre les voix de l'électorat populaire/évangéliste qui se prononçait en faveur d'Hillary Clinton. Mais ce choix est actuellement considéré par l'establishment américain comme irresponsable. En effet, si Mc Cain venait à devoir quitter la présidence pour raison de santé ou autre (il a quand même plus de 70 ans), ce serait elle qui accèderait à la présidence ! Alors qu'elle représente une fraction extrémiste, minoritaire, plus à droite de Bush et qu'elle est, au point de vue éthique, souvent réactionnaire. De plus, jeune comme elle est, elle n'a aucune expérience.
Il pourrait donc y avoir un changement, même si Mc Cain était élu mais il ne serait pas vraiment positif ...
Obama a lui, dès le départ joué la carte du changement. Pourquoi donc ?
En prenant une avance considérable pendant les Primaires, il a bousculé tout le monde. Dès le début, il a été considéré comme une rupture, même à l'intérieur du parti démocrate et son traintrain habituel. Il marque un changement, plus qu'Hillary Clinton, qui est quand même relativement emprunte de la politique de son mari.
De plus, Obama incarne le changement par lui-même. Sans le combat étudiant pour les droits des minorités noires dans les années 50, nous n'en serions pas à avoir un candidat à la présidence noir. Les résultats des actions politiques sont parfois tardifs mais ils sont là ! C'est donc le 1er métisse à atteindre cette place en politique américaine, ce qui était tout à fait inattendu. Il a développé une politique différente des autres. D'ailleurs, on l'accuse parfois de ne pas être vraiment américain car il a vécu à Hawai, en indonésie et au Kenya. Dans son livre « L'audace de l'espoir, il explique les points de vue qu'on acquiert en vivant dans d'autres nations, les éclairages que cela peut apporter. C'est en grande partie pour ça que les gens ont reconnu en lui une figure de changement.
La victoire d'Obama apporterait des changements dans la société américaines ou du moins, elle les rendrait possibles.
En 1948, Arthur Schlesinger avait dit à son fils (du même nom) que l'histoire américaine était une succession de cycles politiques et qu'en 1978, on verrait aux Etats-Unis le retour des conservateurs purs et durs. De fait, aux élections de mi-mandat, la majorité des élus étaient des grands conservateurs, beaucoup plus que les autres républicains qui les avaient précédés. Et 2 ans après, Reagan accédait à la Maison Blanche ... Son fils a dit il y a quelques années qu'en 2008, ce serait l'arrivée d'un nouveau cycle, d'une rupture, d'un changement politique à long terme aux Etats-Unis dû à
- un changement démographique
- un changement de la jeunesse américaine.
En effet, une étude a été publiée récemment disant que les 18-24 ans étaient intéressés par la politique, bien plus que leurs aînés (25-35 ans), et surtout par le bien commun. Ils sont pour un arrêt de l'individualisme exacerbé mais un regain d'une politique axée sur le bien commun. Les jeunes sont donc pour le changement qu'incarne Obama. Il y a également une volonté d'agir en politique pour rejet l'ultra-libéralisme qui a causé tant d'inégalités sociales. A titre d'exemple, en 1900, le revenu de l'homme le plus riche était 7000 fois supérieur au revenu d'un individu x. En 2008, un boursier a gagné plus de 37 000 fois le revenu moyen des habitants des Etats-Unis... ! D'ailleurs, en 2006, le New York Times a publié un article dans lequel l'auteur affirmait que les inégalités en étaient au point où elles se trouvaient en 1929 juste avant la crise économique. La crise actuelle était donc annoncée, on sentait qu'elle allait arriver.
Il y a donc une attente très forte de la population américaine pour ce changement !
On note également un durcissement de la droite américaine déjà fort conservatrice incarné en la personne de Sarah Palin. Les jeunes au sein du monde des évangéliques (qui représentent 42 millions de personnes !) se définissent comme plus tolérants que leurs aînés par rapport aux « problématiques » comme l'homosexualité, l'avortement, la justice sociale, etc. Ils représentent 25 % de l'électorat !
Pour ce qui est du changement démographique, les Etats-Unis sont une société dynamique grâce à l'apport de l'immigration. En effet, celle-ci ne souffrira pas comme nous du vieillissement de la population. De plus, dans quelques années, les blancs anglo-saxons catholiques seront minoritaires. Obama est le représentant de cette diversité culturelle et raciale.
Pour ce qui est de la question de la politique internationale, il y a une grande différence entre celles d'Obama et celles de Mc Cain. Et ce, même si selon certains, dont Serge Halimi et Ralf Nader, il n'y aura pas de grand changement si Obama devient président et même si Mc Cain le devient car ils sont tout deux emprisonnés par l'opinion du peuple américain...
Obama, parce qu'il a vécu à l'étranger, conçoit pour les Etats-Unis un exercice de la puissance américaine très différent de celui de l'administration Bush ou de la potentielle administration Mc Cain. En effet, il met un point d'honneur à la nécessité de prendre en compte les points de vue du reste du monde et de ne pas s'enfermer sur le point de vue des Etats-Unis seuls.
De plus, il est conscient de la question du sous-développement de la pauvreté, etc qui sont abordés dans son livre « L'audace de l'espoir » dans un chapitre sur l'idéologie politique. Il prône le fait q'une démocratie doit se développer à son rythme dans la société ; c'est contre-productif de vouloir imposer la démocratie et surtout de vouloir en imposer un modèle à l'étranger, car chaque nation développe et a développé la démocratie à son rythme et selon ses moyens pour que ce soit efficace.
Il parle d'un exercice du pouvoir positif, il sait que l'Amérique a à jouer le rôle du leadership dans le monde mais selon les valeurs de la démocratie américaine et sans s'exempter des lois internationales comme l'a fait l'administration Bush (surnommée pour cela administration d'exemption ...) !
Sur la question des droits de l'homme, Obama s'est engagé à fermer Guantanamo, il se positionne contre la torture et pourrait re-signer l'adhésion des Etats-Unis à la communauté internationale qui avait été dé-signée par l'administration Bush. Il a une volonté de l'y intégrer davantage dans les questions internationales.
Il est également pour un rejet de l'unilatéralisme comme politique par défaut. Il ne nie pas la possibilité d'un engagement des Etats-Unis seul, sans alliés si ce qu'ils combattent met en danger sa sécurité mais il voudrait intégrer plus de multilatéralisme, notamment dans la réforme des Nations Unies (entrée de l'Inde, du Brésil et des autres puissances émergentes dans le Conseil de Sécurité par exemple).
Contrairement à Mc Cain, il est pour un retour à la diplomatie avant le militarisme. Il n'est pas opposé à toutes les guerres, mais à toutes les guerres idiotes ! Il n'est pas contre un renforcement de la présence militaire sur le territoire américain mais avec d'autres projets que ceux défendus actuellement.
Il doit également tenir compte d'une nécessité de redonner une image positive des Etats-Unis à l'extérieure. Dans le monde arabe, la popularité des Etats-Unis est de 7 %, en Argentine de 8-9 % ; une victoire d'Obama serait la meilleure chose pour l'image internationale. Il existe un site internet basé sur le principe « si vous pouviez voter ... » et Obama, explose tous les résultats : il gagnerait avec 84 % des suffrages dans le monde entier et avec 92 % en Belgique ! On voit bien qu'il y a une volonté dans le monde de retrouver à la maison blanche quelque de raisonnable et qui est prêt à écouter le reste du monde. La caractéristique des 8 années de Bush était l'autisme ; Obama se dit prêt à négocier – et même avec ses « ennemis » comme Cuba, par exemple et à accentuer la coopération internationale pour réduire les problèmes majeurs de notre temps.
3.Exposé de Christian Dupont :
Oui ! La société américaine est prête au changement ! Obama va probablement gagner – même si il subsiste toujours une petite incertitude – et si il gagne, c'est la preuve qu'une nouvelle Amérique est prête, différente de celle qu'on a connue.
Le prochain président des Etats-Unis fera suite à 8 années de Bush. Si les 4 premières ont été un choix, les 4 autres sont sûrement la conséquence des attentats de 2001 et de toutes sortes d'autres problèmes : on préfère rester avec la même équipe qui connaît les dossiers. Il y a en ce moment aux Etats-Unis une énorme perte de confiance par rapport à ce qu'incarne à l'extérieur l'image de leur pays. Et cela alors que les Américains sont hyper nationalistes. Cette fierté patriotique est ébranlée par 3 crises fondamentales :
- L'enlisement en Irak qui rappelle le cauchemar du Vietnam
- La crise économique dont il y avait des signes avant-coureurs
- La crise d'identité vis-à-vis de l'étranger. Seulement 40 à 45 % des Américains possèdent un passeport. Le regard que l'étranger leur renvoie – notamment par internet – leur pose des questions, surtout au plus jeunes qui n'ont pas connu les crises antérieures.
Pour la crise économique et la crise d'identité, Obama apporte des réponses claires. Pour l'enlisement en Irak, ce n'est pas demain, si Obama est élu président, qu'on sonnera la fin de la guerre en Irak et en Afghanistan. Le retrait direct des troupes américaines de ces deux pays serait une catastrophe pour les peuples sur place à cause des dégâts sur place comme la tribalisation systématique en Irak, les dégâts matériels, etc.
En effet, Obama ne pourra pas tout résoudre d'un coup de baguette magique. Il ne faut pas se faire trop d'illusions sur le nouveau président en matière économique : oui, il n'est pas conservateur, oui, il n'est pour l'industrio-militarisme (le budget militaire américain ne cesse d'augmenter alors qu'avant 45, il diminuait après chaque conflit ...) mais les tendances lourdes dans la société américaine resteront.
Quant au défit climatique, l'américain moyen ne changera pas vraiment ses habitudes : il n'arrêtera pas de rouler avec des 4x4 qui consomment 25L/100, il n'arrêtera pas de sur-consommer et de sur-gaspiller. Même si il y a un engagement et de la part d'Obama et de la part de Mc Cain à ce sujet.
Mais ! Qu'une femme et un métisse arrivent à ce niveau-là dans la campagne démocrate est une preuve de changement. C'est également une preuve de la perte d'influence des chrétiens fondamentalistes qui ont été une clé pour la victoire de Bush en 2000. Chez ceux-ci, il y a deux visions quant au réchauffement climatique :
Il faut se battre parce que la détérioration de l'environnement est une insulte envers Dieu le créateur.
Non, Dieu a créé la terre comme ça, il faut qu'elle reste comme ça, nous ne pouvons rien faire.
La politique étrangère ne varie pas énormément selon le changement de président, même si Obama prône un multilatéralisme, il appartient à un parti qui « aime » le repli sur soi des Etats-Unis.
4.Débat : questions/réponses
a) Bill Clinton est lui aussi responsable de la crise économique, il y a quelques mois, il n'y avait pas tellement de différences entre Obama et Clinton. Au niveau climatique, il y a peu d'initiative des deux côtés. Républicains et démocrates sont-ils si éloignés les uns des autres ?
Jean-Paul Marthoz : Entre Roosevelt et Johnson, le président en 68 lors de la guerre du Vietnam, on a beaucoup avancé contre la pauvreté et pour l'aide sociale aux Etats-Unis : ce fut une période de diminution des inégalités. Par après, Reagan et les autres ont détricoté tout ça et l'économie se portait de plus en plus mal. Bill clinton fut le président de la globalisation : il a pris des mesures pour la dérèglementation des banques et des institutions financières qui font aujourd'hui plonger les banques.
Quant à Obama, il ne faut pas s'illusionner et le penser progressiste au sein des démocrates : il est centriste et prend des positions relativement modérées. Par exemple, au sujet de la peine de mort, il affirme qu'il est mal à l'aise vis-à-vis de celle-ci mais n'a pas dit clairement en campagne qu'il était contre.
Cette fois-ci, la gauche américaine ne s'abstiendra pas de voter ou ne votera pas pour Ralf Nader mais se ralliera à Obama. Par exemple, la directrice de la revue « Nation » un symbol de la gauche américaine, a parié sur Obama pour porter le changement. Et « Nation » a utilisé la mobilisation pour Obama pour porter des sujets importants sur le devant de la scène pour aller au-delà de ce qui a été proposé par Obama parce qu'on ne gagne pas les élections des Etats-Unis sans prôner les valeurs de centre droit.
b) Quelles sont les positions d'Obama et de Mc Cain quant à la politique environnementale ?
Christian Dupont : Tout deux ont marqué une différence avec Bush : ils reconnaissent les enjeux du défit climatique. Et aux Etats-Unis, quand les prix de l'essence ont énormément augmenté, on a vu une diminution des ventes de 4x4 et la réapparition des vélos Solex (= des vélos avec un petit moteur, comme celui d'une tondeuse à gazon) qui sont presque symbols de nouveauté aux Etats-Unis ! Les contraintes économiques vont obliger les Américains à faire attention à ces choses-là.
Mc Cain a dit vouloir « exploiter le pétrole off-shore en Alaska » qui est un site protégé environnementalement parlant... Il a eu les appuis de Bush et de plusieurs autres lobbys. Obama est resté relativement centriste par rapport à ces propos, il n'a pas combattu ces propos. Et cela n'a pas provoqué un débat de société à cause de la crise économique.
Ce qu'il va se passer, ce sera en fonction des circonstances parce que la société américaine est quelque peu « opportuniste » de ce côté-là. Au-delà des discours politiques, il y a des tendances lourdes que la politique ne pourra, malheureusement pas changer.
c) Quid des intentions de vote de la communauté latino ?
Jean-Paul Marthoz : La communauté cubaine est majoritairement républicaine parce qu'ils estiment qu'ils sont plus hostiles à Cuba et Castro que les démocrates. En effet, même si Obama ne veut pas lever l'embargo, il veut quand même instaurer la discussion.
L'électorat mexicain a élu Bush en 2004 surtout pour ses convictions religieuses, ses membres sont en opposition par rapport à la communauté noire parce qu'elles se sentent en concurrence mais aussi par une forme de racisme.
Mais la dimension économique et sociale est le premier enjeu de ces élections, ce qui renforce le vote démocrate. En effet, on se sent plus proche d'eux car ils défendent les plus pauvres par des aides sociales ; c'est le fondement du parti démocrate.
d) Quelles est la politique d'Obama vis-à-vis du conflit israëlo-palestinien ?
Jean-Paul Marthoz : Mc Cain adopte la position des néo-conservateurs, c'est-à-dire pas de changement par rapport à la position actuelle. Il y a certes eu une initiative de Bush pour faire avancer les choses mais elle vient trop tard pour porter ses fruits.
Obama a une position ambiguë qu'on suppose tactique. Comme il a été accusé d'être un terroriste, soupçonné par une partie de la communauté juive – qui vote à 76 % démocrate ... - de moins soutenir les intérêts d'Israël que les autres démocrates, il est bougé pour exprimer son appuis à Israël, il a même affirmé que la capitale d'Israël serait Jérusalem. Il a de ce fait déçu une autre partie de son électorat, de ses partisans qui espérait une position plus ouverte, à long terme comme la création de deux états séparés.
Son soutien pur et dur à Israël est profondément tactique, mais ce sera sûrement un des grands débats ; il ne sera jamais « anti-Israël » mais plutôt moins « pro-Israël » que ce qu'il a affirmé.
e) Que penser du soutien de Colin Powell envers Barack Obama ?
Christian Dupont : Colin Powell fut le secrétaire d'Etat du gouvernement Bush 1 qui fut remplacé par Condoleezza Rice dans Bush 2. Il est devenu marginal par rapport aux républicains ; c'est quelqu'un qui a été blessé à cause des positions qu'il a dû défendre devant le Congrès, par exemple au niveau des armes de destruction massive en Irak – opinion qu'il ne partageait pas. Obama incarne donc pour lui réellement le changement.
(anecdote de Condoleezza Rice au sujet du conflit en Ossétie du Sud)
Jean-Paul Marthoz : Il se positionne trop tard pour que ce soit une réelle prise de position qui puisse être « utile » à Obama : il veut un emploi dans la future administration Obama. C'est également un avertissement pour la population des dangers que représentent l'élection de Mc Cain qui est impulsif et incensé (selon le message même de l'establishment américain !). Il faut, selon Powell éviter un pro-militarisme aveugle – et c'est dit par un militaire ! - on ne devrait s'engager dans une guerre que quand nos principes vitaux sont en jeu, quand on a l'opinion publique avec nous et qu'on est sûrs de gagner.
f) Quelles sont leurs positions sur la réforme financière ?
Jean-Paul Marthoz : Mc Cain a usé abondamment du « flip-flopping » qui consiste à changer constamment son fusil d'épaule. Quant à Obama (surnommé « Mister Cool » en opposition à Mc Cain « Mister Hot ») son approche se voulait extrêmement responsable. Sa position tient en une phrase : « Nous sauvons le système financier pour sauver la société américaine ! »
g) Si Mc Cain est élu, quelle attitude tiendra l'Europe ?
Christian Dupont : L'Europe reconnaît un Etat et pas un homme, un président. Le dialogue serait sûrement plus simple avec Obama mais ça n'empêchera pas qu'on travaillera avec Mc Cain si il est élu – on a bien travaillé avec Bush. De plus, l'Europe est divisée, y compris par rapport aux Etats-Unis (anecdote : aucun des deux candidats n'a prononcé le nom « Union européenne » lors de sa campagne »). Chez les nouveaux arrivants, on se sent proche des Etats-Unis, quelle que soit leur politique. On continuera donc à discuter avec les Etats-Unis car ils sont importants voire incontournables au niveau des relations internationales. A titre d'exemple, la première visite de Sarkozy après son élection fut pour Bush. On ne va pas boycotter les Etats-Unis comme on l'a fait pour l'Afrique du Sud lors de l'Apartheid car c'est quasiment impossible.
Jean-Paul Marthoz : Il sera aussi plus difficile pour les Etats-Unis de retrouver une image de marque si Mc Cain est élu.
h) A quoi ressemblent les médias, les sources d'informations aux Etats-Unis ? Comment fonctionnent-ils ?
Jean-Paul Marthoz : La couverture médiatique des Etats-Unis, c'est tout et son contraire. Il y a d'un côté : la TV reine, machine à ordures, qui couvre très sommairement la campagne sous réelle analyse de fond et dans laquelle on est face à une malhonnêteté incroyable dans les spot télé. Mais sur internet, on a des infos extraordinaires : certains médias creusent vraiment, font des analyses de fond, etc. Et ils possèdent une presse assez exceptionnelle.
i) Quelle sera la relation d'Obama par rapport à l'Iran ?
Jean-Paul Marthoz : Mc Cain a une position agressive : intervention militaire des Etats-Unis si l'Iran développe l'arme nucléaire. Obama porte une image plus ouverte de discussion avec l'Iran. Mais il n'exclut aucun moyen si il y a un danger par rapport à la sécurité des Etats-Unis ou des voisins proches. Mais ce n'est pas un sujet dominant dans la campagne.