Liaisons dangereuses * Choderlos de Laclos

Liaisons dangereuses * Choderlos de Laclos
Lettre LXCIII

Le Vic
omte de Valmont
à la
Présidente de Tourvel

Commen
t répondre, Madame, à votre dernière Lettre ? Comment oser être vrai, quand ma sincérité peut me perdre auprès de vous ? N'importe, il le faut ; j'en aurai le courage. Je me dis, je me répète, qu'il vaut mieux vous mériter que vous obtenir ; et dussiez-vous me refuser toujours un bonheurque je désirerai sans cesse, il faut vous prouver au moins que mon coeur en est digne.
Quel
dommage que, comme vous le dites, je sois revenu de mes erreurs ! avec quels transports de joie j'aurais lu la même Lettre à laquelle je tremble de répondre aujourd'hui ! Vous m'y parlez avec franchise, vous me témoignez de la confiance, vous m'offrez enfin votre amitié : que de biens, Madame, et quels regrets de ne pouvoir en profiter ! Pourquoi ne suis-je plus le même ?
Si j
e l'étais en effet ; si je n'avais pour vous qu'un goût ordinaire, que ce goût léger, enfant de la séduction et du plaisir, qu'aujourd'hui pourtant on nomme amour, je me hâterais de tirer avantage de tout ce que je pourrais obtenir. Peu délicat sur les moyens pourvu qu'ils me procurassent le succès, j'encouragerais votre franchise par le besoin de vous deviner ; je désirerais votre confiance dans le dessein de la trahir ; j'accepterais votre amitié dans l'espoir de l'égarer ...
(...)


**
*

Ce soir,
je me rappelle. Je me rappelle des soirées que je passais seule, triste, et pendant lesquelles le moindre souvenir d'un moment doux me brisait le coeur. Je me souviens de toutes les spéculations que j'ai faites. Seule, complètement seule, dans un nouveau monde. Je débarque, je suis sans repère. Je ne me rattache qu'à ce que je connais alors que je voudrais bien en laisser une grosse partie derrière moi. Envie de complicité et trop peu de temps à partager. S'intégrer, étape numéro un. Bien remplie. Quand sont venues les crises de larmes récurrentes, je sentais bien que finalement je n'étais pas seule. Alors j'ai décidé de me la jouer cat et de retomber sur mes pattes. De me lancer à nouveau, de me bouger, de me jeter à l'eau, de ne plus penser sans cesse à un temps révolu. Aujourd'hui, je sais que j'ai bien fait. Plus rien ne me fait mal quand je regarde tous mes souvenirs. Et je souris même ! Quelle évolution ! La seule phrase que je ne digère absolument pas est celle qui me prouvait une jalousie, qui me rassurait dans mon entreprise folle ; elle ne passe toujours pas. Pas de viande. Pas de modelage. Et pas de "rebutante". Empreinte de jalousie parce que tentais vainement de l'oublier en me jetant dans les bras du premier venu avec qui j'ai été une vraie * parce que je ne l'aimais pas, parce qu'il ne me convenait pas, parce que je croyais me réveiller à côté de quelqu'un d'autre, parce que j'ai été malade 5 jours/10, parce qu'il était con en plus de tout...
Je me
rappelle ce que je pensais de l'Amour en ces mois froids et dénués de tendresse. Tout ce qui en a malmené ma conception. Pour finalement, après quelques mois de célibat et une heureuse rencontre, revenir au point de départ, à ce que je pensais au début. Je me rends compte que mes envies, mes idéaux, mes "projets", tout ça, avec toi, je peux les rêver, les polir, les retravailler, en y croyant. Quel chemin parcouru ! On est si bien comme ça, hein ?!

Tout ça parce que j'ai lu (en partie ...) les Liaisons dangereuses et que ça m'a vivement émue, ça m'a touchée. Et par moments, ça m'a rappelé cette manière virulente d'écrire, froide, dure, sarcastique voire parfois méchante. Avec cette impression de toute-puissance et de calcul. Même si tout ça n'est qu'une image, comme dans ce fameux roman du XVIIIè.
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# Posté le mercredi 31 décembre 2008 09:08

Modifié le samedi 10 janvier 2009 19:27

Vingt-quatre heures une * Renan Luce

Vingt-quatre heures une * Renan Luce
J'ai couru après le temps,
Il p
ortait un manteau de pluie,
J'
ai déchiré en l'approchant,
Un
bout de tissu et depuis,

C'e
st à minuit que ça arrive,
Qua
nd vous passez au jour suivant,
Moi je
reste sur l'autre rive,
Pour une minute encore vivant,

Vin
gt quatre heures une (x2)

C'e
st ma minute sur pilotis,
Mes
secondes gagnées sur la mer,
L
e genre de moment qu'on passe bloti,
Avec des rêves d'outre-mer.

C'
est ma minute agent secret,
Br
ushing parfait regard distant,
Je p
rend l'air sur un minaret,
Au fin
fond de l'Afghanistan

(A) vi
ngt quatre heures une. (x2)

Une minute pour se faire la belle,
Avoi
r la lune sous mes semelles,
E
t les cheveux dans les étoiles.
Une mi
nute pour se faire la mâle,
De
venir le prince de la cavale,
Ev
adé trois fois des baumettes,
Le
roi de la sauvette,
Les
malfrats ont leur maître,

(A)
vingt quatre heures une (x2)

C'
est ma minute Brad Pitt,
On m'ad
mire entre deux pop-corn,
Jouer
le rôle d'un brave type,
Exer
çant dans un hôtel borgne,

C'est
ma minute baldaquine,
Et
la barre comme un tribunal,
Je
fais toutes ces choses coquines,
Qu'on
n'voit que quand on a Canal,


(A
) vingt quatre heures une (x2)

Une minute pour se faire la belle,
Avoir
la lune sous mes semelles,
Et l
es cheveux dans les étoiles.
Une minute pour se faire la mâle,
Et ne plus être ce type normal,
Coincé devant le petit écran,
En
rêve j'ai plus de cran,
L'aigui
lleur du cadran,

A ving
t quatre heures une ...

# Posté le vendredi 12 décembre 2008 18:15

Loin du froid de Décembre

Loin du froid de Décembre
Des chansons qui nous émeuvent. Des réveils difficiles. Des envies de couette et des obligations de bureaux. Des voix douces. Des sourires au coin des lèvres. Des amies qui aiment les p'tites potelées. Des cols roulés verts. Et mon écharpe qui ne me quitte plus. De jolis flocons. Un beau jardin. Deux semaines surchargées. Un stress très présent. Une envie folle de faire autre chose. De préparer mes cadeaux de Noël. D'aller place Sainte Catherine. De manger des Olibollens. De faire des heures de badminton. D'élaborer des projets qui tiennent la route. De pouvoir aller à ces unions et conférences. De manger des Leo's. D'aménager notre petit cocon. De jouer aux boules de neige. D'en faire un bonhomme. De rire au coin du feu. Aimer toujours plus. Toujours mieux. Souffler. Bien travailler. Atteindre mes objectifs. Sans s'énerver.

Parfo
is j'ai l'impression que mon bonheur est tellement loin du froid de décembre et proche de la chaleur dans nos coeurs.

# Posté le vendredi 05 décembre 2008 04:22

Modifié le vendredi 12 décembre 2008 18:09

Honey and the Moon * Joseph Arthur [Photo : mokazhome.skyblog.com]

Honey and the Moon * Joseph Arthur [Photo : mokazhome.skyblog.com]
Chaque fois que j'entends cette chanson, des milliers de bons souvenirs me reviennent. De la douceur, des sourires, de l'espoir, de la timidité, des regards... Le premier est ce magnifique et émouvant concert du 25 novembre dernier avec Flo au Botanique. Sublime. Le souvenir de cette chanson, une bouffée d'émotions. Les balades en vélo en été. Les anniversaires et les cadeaux. Les rires et les réjouissements quand de nouveaux couples se forment. Les fêtes de fin d'examens. Les retrouvailles. Les repas entre amis. Les repas le dimanche midi (comme j'sais plus qui disait - le bonheur ça s'trouve pas en lingots mais en p'tite monnaie !). Lestes de famille complètement délirantes. Nos sourires à tous. Les délires de ma ptite soeur. Jaag. Les voyages tous plus magnifiques et magiques les uns que les autres : La côte Nord-Est américaine, Le Burkina, Köln, Paris et ses nombreuses déclinaisons - en famille, en amoureux, avec l'école, en stage professionnel, Puerto, Barceloña, Istanbul, l'Italie - Venise, Rome et ce p'tit coin dans le Nord, London, Amsterdam, le Cap Gris/Blanc Nez, la Bretagne, Luxembourg, la mer, Brugge, Ostende et toutes les autres merveilles que j'oublie et toutes les autres qu'il me reste à découvrir ! Tant d'autres bons souvenirs =)
Vien
nent ensuite les mois de bonheur amoureux : le jour de mon anniversaire, la rose au petit déj', les retrouvailles sur le seul beau quai de la gare du midi après 3 semaines d'éloignement, le départ sur ce même quai avec les larmes qui montent sur les yeux, quand j'ai (enfin !) réussi à t'avoir au téléphone à White Plain dans cet hôtel sorti de nulle part, tes murmures de mots doux, ton stress avant de rencontrer mes parents et le mien avant de rencontrer les tiens, cette journée dans les arbres, l'anniversaire de ma Maman et le "Mais vous n'allez pas déjà partir ?!" de mon père à 2h du mat', tes encouragements, le moment où tu m'as timidement pris la main, notre premier baiser, Paris avec toi, le jardin du Luxembourg, le musée des lettres et des manuscrits (on n'est pas en philo et lettres pour rien !), le Louvre et ses foutues bouches d'aération, le musée d'Orsay et ses Chinois "égophotographiques"ma bonne humeur explosive le jour de la victoire d'Obama - même si je sais qu'il ne changera pas le monde, là n'est pas le bat, quand on a monté notre lit, notre première nuit dans notre appartement, le concert d'Alanis Morissette, celui de Dionysos, nos 3 mois de cohabitation, le TD Crom, notre délicieux repas au Greco ... Et j'en oublie encore tellement.

Fina
lement, la petite touche de noir de cette semaine n'est que minuscule à côté de tout ça =) Mais j'aimerais quand même mieux que ça ne se reproduise pas.

# Posté le samedi 15 novembre 2008 06:57

Modifié le samedi 15 novembre 2008 07:09

Songe d'une nuit d'été * William Shakespeare

Songe d'une nuit d'été * William Shakespeare
DEMETRIUS

Est-ce moi qui vous encourage, moi qui vous enjôle ? Bien au contraire, je vous déclare tout net que je ne vous aime pas, que je ne peux vous aimer.

H
ELENA

Et m
oi, je vous en aime davantage. Je suis votre épagneul : plus vous me battrez et plus je vous cajolerai. Traitez-moi seulement comme votre épagneul : repoussez-moi, frappez-moi, méprisez-moi, abandonnez-moi ; mais laissez-moi au moins vous suivre, tout indigne que je suis. Quelle plus humble place puis-je implorer dans votre amour - place que j'estime hautement pourtant - que de me voir traitée par vous comme votre chien ?

***

H
ELENA

La bête la plus féroce n'a pas un coeur comme le vôtre. Partez quand vous voudrez, la légende sera renversée : Apollon s'enfuit poursuivi par Daphné ; la colombe court après le griffon, la biche inoffensive s'élance sur le tigre. Course vaine que celle où la lâcheté poursuit le courage qui se sauve.

# Posté le vendredi 31 octobre 2008 10:09